sauvonsnos antibiotiques

Pour pouvoir les utiliser demain, agissons aujourd'hui

L'industrie du médicament vétérinaire

par SNA

Le projet de loi d'avenir de l'agriculture prévoyait le découplage prescripteur vendeur pour les antibiotiques à usage critique utilisés en médecine vétérinaire afin de réserver autant que faire ce peut leur usage aux traitements pour l'homme.

En clair le prescripteur vétérinaire n'aurait plus le droit de vendre les antibiotiques qu'il aurait lui-même prescrits afin de supprimer toute incitation commerciale et donc tout conflit d'intérêt - plus je prescrit-plus je vends,  plus je vends-plus je gagne....

Les vétérinaires ne l'ont pas entendu de cette oreille et sont descendus dans la rue pour faire supprimer cette partie du futur texte de loi. Ils ont obtenu gain de cause, le gouvernement ayant exaucer leur demande avant même le passage du texte devant l'Assemblée Nationale. Bravo les vétérinaires !!!


Ils suffirait donc de simplement supprimer les remises arrières et de limiter les marges avant pour faire baisser la prescription de ces molécules...

Cet argument est totalement schizophrène.

Soit comme les vétérinaires nous le répètent à longueuer de temps, le prescripteur n'est pas là pour vendre des médicaments ( dont acte) et à ce moment là on ne voit pas pourquoi il faut supprimer les remises arrières ( puisqu'elles seraient sans effet), soit il faut les supprimer car elles sont sources de conflit d'intérêt dans ce système de couplage prescripteur/ vendeur. On ne peut pas soutenir tout et son contraire...


Il est à noter également que ce raisonnement  peut s'appliquer à tous les médicaments vétérinaires soumis à remises à arrières, c'est à dire une très large majorité d'entre eux.


L'industrie du médicament vétérinaire représentée par le SIMV ( Syndicat de l'Industrie du Médicament Vétérinaire), dans un souci toujours affirmé de préserver la santé animale, propose de supprimer toutes les remises arrières afin de supprimer le conflit d'intérêt prescripteur/vendeur.

C'est au passage, officialiser au grand jour, ce conflit d'intérêt entretenu depuis des décennies par celle qui le dénonce !!


Au delà de ce soudain intérêt de l'industrie pour la santé publique, il convient surtout de souligner que la suppression des remises arrières octroyées par les laboratoires permet ipso facto d'augmenter leur propre marge commerciale.

Nous voila au coeur du problème....


A noter, que la seule façon de supprimer ce conflit d'intérêt, est (re)mettre la délivrance des médicaments vétérinaires strictement chez le pharmacien, comme en médecine humaine, avec ou sans administration des remises arrières ou marge avant ( comme en humaine). C'est le principe de découplage, où le prescripteur n'est plus influencé par le bénéfice commercial tiré de sa propre prescription.

Solution probablement trop simple, bien que ne souffrant d'aucun contre argument recevable, si ce n'est de mettre à mal l'équilibre financier d'une très grande majorité de cabinets vétérinaires vivant de la vente du médicament.


Cela revient à dire que les cabinets vétérinaires sont subventionnés par l'industrie avec la complicité couplable des administrations de tutelles.


Pour information, l'antibiorésistance fait 25000 morts en Europe dont environ 8000 en France, soit  presque 3 fois plus que de morts sur nos routes