sauvonsnos antibiotiques

Pour pouvoir les utiliser demain, agissons aujourd'hui

L'ALLIANCE

Lors d’une récente conférence de presse organisée conjointement avec Marisol TOURAINE sur le thème de l’antibiorésistance, Stéphane Le FOLL a déclaré, dans le but de justifier le retrait d’une disposition instaurant le découplage entre la prescription et la délivrance des antibiotiques d’importance critique pour la médecine humaine, du projet de loi d’avenir de l’agriculture, que “ Le couplage P/D des antibiotiques permet de mieux contrôler leur prescription”.


La bonne qualité de l’expertise du vétérinaire face à une maladie infectieuse, l’excellence du diagnostic, les bonnes pratiques d’identification de la bactérie et de réalisation de l’antibiogramme, la rédaction maitrisée de l’ordonnance, le choix raisonné de l’antibiotique, la quantité prescrite optimisée, la durée du traitement adaptée, la posologie respectée, etc ... seraient donc “mieux contrôlés” si la délivrance de l’ordonnance était exécutée par le vétérinaire  plutôt que par un tiers (le pharmacien)  !! 


Le postulat est simple : 

Une prescription est “mieux contrôlée” si le contrôleur se contrôle lui-même le plus souvent possible !Les “incertitudes” liées au conflit lien d’intérêt découlant de la double compétence de prescripteur /vendeur accordée au vétérinaire (que le projet de loi se propose de corriger ..!) serait finalement neutralisées grâce à une triple compétence de prescripteur /vendeur/contrôleur reconnue et sanctuarisée chez ces mêmes vétérinaires. 


Outre le procès en incompétence (totalement gratuit et inadmissible) intenté subrepticement aux pharmaciens par le Ministre de l’agriculture, un système de juge et partie est donc promu très officiellement en parangon de maitrise susceptible de mieux contrôler les consommations d’antibiotiques vétérinaires et prévenir toute forme d’incitation commerciale à les prescrire.


Pourquoi pas ! Chacun au sein de l’Alliance AC2BMR concerné par la maitrise des flux antibiotiques circulants et la lutte contre l’antibiorésistance appréciera la pertinence de l’argument ministériel.Pour ce qui me concerne, la pauvreté de l’argumentaire me consterne et m’inquiète !


P.DESPROGES constatant la vacuité intellectuelle du discours politique déclarait :


“Nous n’avons plus de grand homme, mais des petits qui grenouillent et sautillent de droite et de gauche avec une sérénité dans l’incompétence qui force le respect


”Sans commentaire ... 


Dr Jacky MAILLET

Pharmacien Président ANPVO