sauvonsnos antibiotiques

Pour pouvoir les utiliser demain, agissons aujourd'hui

Antibiotiques critiques

par SNA

L'interdiction de vente par les vétérinaires, de certains antibiotiques d'usage critique dont ils font eux mêmes fait la prescription, a mis le feu au poudre dans cette profession.

Les raisons invoquées par ces professionnelles responsables, sont surprenantes.

En effet, ce projet de loi (page 68-7°) ne leur interdit nullement de prescrire ces antibiotiques que le ministère de la santé souhaite réserver le plus possible à la médecine humaine.

Sacrilège : le ministère de la santé ose s'occuper de ...... santé.

En fait derrière toutes ces arguties sanitaires, se cache un enjeu majeur pour leur profession. La perte, à terme, de la délivrance des médicaments vétérinaires pouvant représenter pour certains plus de la moitié du revenu de leur cabinet.

Si leurs préocupations sont légitimes et si le maillage du territoire par les véterinaires semble une évidence sanitaire pour chacun, il n'en demeure pas moins, que le maintien d'un système ou le prescripteur tire plus de 50% (pour certains) de ses revenus, de la vente des médicaments qu'il a lui même prescrits, semble obsolète et emprunt d'un conflit d'intérêt majeur, qu'aucun responsable politique ne plus aujourd'hui cautionner,  sauf à en être complice.

Il revient à dire que le maillage est aujourd'hui subventionné (à 50%) par l'industrie du médicament vétérinaire, qui voit d'ailleurs d'un très mauvais oeil ce découplage (voir la lettre du SIMV). Il est bien sûr beaucoup plus facile de maîtriser un seul interlocuteur quand celui-ci prescrit et vend le fruit de sa prescription.

Sans vouloir polémiquer, et si ce système est le meilleur pour la santé animale, alors il faut faire de même pour la santé humaine.

Mettons donc les médicaments dans les cabinets médicaux..... pour le plus grand bonheur des industriels...

Pour résumé, il me paraît totalement inconséquent de provoquer une grève pour défendre ce couplage, et les vétérianires, praticiens responsables, compétents, disponibles, auraient intérêt à saisir cette opportunité de découplage pour remettre à plat ce sytème peu vertueux et imposer aux pouvoirs publics une revalorisation de leur acte intellectuel. Aujourd'hui cette valorisation se fait toujours, peu ou prou, à travers la vente des médicaments qu'ils ont prescrits.

Dernière chose, avec ce système de couplage, on retire au propriétaire de l'animal qui le souhaite, le choix de son fournisseur de médicaments, et interdit ainsi toute concurrence sur les prix.


Pour info, lien sur la grève prévue et les arguments des responsables de la profession vétérinaire..... Chacun se fera son opinion