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LA TRIBUNE
Du rififi chez les pharmaciens vétérinaires

Depuis bientôt 1 an (mars 2012), une vague de contrôles organisés par certaines administrations ( ministère de l'agriculture, gendarmerie, douanes) à l'encontre de des pharmaciens vétérinaires, des vétérinaires ne vendant pas de médicament et des éleveurs utilisant le circuit officinal pour s'approvisionner en médicaments.


Il semblerait enfin que la presse commence à s'intéresser à ce problème qui débouchera à terme sur un nouveau scandale sanitaire.




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Les pharmaciens-vétérinaires n’en peuvent plus. Ils seraient victimes, selon eux, d’enquêtes à charge depuis la plainte contre X déposée, voici un an, par le ministère de l’Agriculture. Ils a  rment être la cible des vétérinaires libéraux qui, en période électorale, auraient poussé Bruno Le Maire, alors ministre de l’Agriculture du gouvernement Fillon, à faire condamner les pharmaciens délivrant des médicaments aux éleveurs avec des ordonnances de vétérinaires-conseils. Une invraisemblable histoire corporatiste qui mobilise quotidiennement une vingtaine de gendarmes et inspecteurs et a déjà débouché sur une interdiction d’exercer pendant dixans pour un pharmacien. Ses confrères dénoncent les contrôles, les fouilles et les « intimidations » dont ils seraient victimes. Les pharmaciens-vétérinaires sont allés demander l’aide du ministère de la Santé contre le ministère de l’Agriculture. Ils estiment que les vétérinaires prescrivent et vendent (alors qu’il y a confl it d’intérêts) plus d’antibiotiques à eux seuls que les 120000 autres médecins. Or, 25000décès par an en Europe sont causés par la résistance des malades aux antibiotiques, selon la Commission européenne.

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ARTICLE LA TRIBUNE 31 - PAGE 3

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Si les ayants droit du médicament vétérinaire que sont les vétérinaires praticiens ou les pharmaciens d'officine doivent régulièrement faire l'objet de contrôles,

eu égard aux enjeux de santé publique attachés aux médicaments qu'ils prescrivent et/ou dispensent, il semble en revanche tout à fait incompréhensible, voire totalement contestable, que ces contrôles puissent s'opérer, comme c'est le cas actuellement,  de façon arbitraire et discrétionnaire, uniquement dans le circuit officinal.


Depuis de nombreux mois, les  inspections se multiplient sur tout le territoire et ciblent en effet exclusivement  les pharmaciens, les cabinets vétérinaires qui prescrivent sans délivrer les médicaments et vont même jusqu'aux éleveurs qui ont fait le choix du circuit pharmaceutique (plusieurs centaines d'élevage clients d'officines de pharmacie ont été contrôlés par la gendarmerie et les services vétérinaires en 2012).


Ces opérations font suite à une requête portée en décembre 2011 par la profession vétérinaire (SNVEL Syndicat National des vétérinaires d'Exercice Libéral, CSOV Conseil Supérieur de l'Ordre des Vétérinaires, SNGTV Société Nationale des Groupement techniques Vétérinaires) auprès de  Monsieur le ministre de l'agriculture Bruno LEMAIRE avec l'objectif d'assécher le circuit officinal de distribution des médicaments vétérinaires, présenté sans plus de réserve confraternelle, comme le circuit de l'incompétence et/ou de l'affairisme.


Les inspections diligentées dans les officines s'opèrent de façon ni conjointe (inspection de la pharmacie + services vétérinaires) ni contradictoire,  tel que cela est pourtant expressément prévu par le CSP et font désormais directement appel, en toute première intention, à des enquêtes préliminaires.



La DGAL mobilise l'OCLAESP, la DGCCRF, la BNEVP (Brigade Nationale d'Enquêtes Vétérinaires et Phytosanitaires), le service des douanes, les services vétérinaires départementaux pour faire des réquisitions (contrôles des livres, des disques durs informatiques...) et souvent des garde à vues de confrères.  Toutes ces opérations menées de manière partiale  dissuadent et  sanctionnent  les pharmaciens qui ne représentent pourtant plus que 5% du marché vétérinaire et 2% du marché des antibiotiques consommés en médecine vétérinaire.  La dissuasion et la pression sont utilisées pour convaincre les éleveurs de revenir dans le circuit vétérinaire pour se procurer les médicaments, ce qui est contraire à la réglementation.


Nous constatons aujourd'hui que des irrégularités graves et très fréquentes concernant la délivrance des médicaments vétérinaires par les autres circuits (vétérinaires libéraux, groupements d'éleveurs) ne sont jamais contrôlées et à fortiori jamais sanctionnées :  

- Refus (revendiqué) du vétérinaire de remettre les ordonnances aux propriétaires d'animaux qui souhaitent faire délivrer les médicaments en pharmacie

- Ventes d'antibiotiques interdits

- Absence de bilan sanitaire d'élevage et prescription hors examen clinique non autorisée

- Exercice illégal de la pharmacie vétérinaire

- Tenue d'officine ouverte au public par les cabinets vétérinaires

- Délivrances de médicament vétérinaire par personnel non autorisé.


Il y a là une véritable distorsion de traitement entre les différents circuits de distribution. Une égalité de traitement entre tous les ayants droit du médicament vétérinaire de la part de toutes les administrations de tutelle doit être la règle .