sauvonsnos antibiotiques

Pour pouvoir les utiliser demain, agissons aujourd'hui

Résumé du colloque du 24 Juin
Surconsommations d'antibiotiques : Comment réguler ?

Lors d'une conférence de presse, puis lors du colloque : « surconsommations d'antibiotiques : Comment réguler ? », qui se sont tenus à l'Assemblée Nationale le 24 juin 2011, Jean Carlet, a présenté le manifeste de l'Alliance des scientifiques pour sauver le pouvoir thérapeutique des antibiotiques.


Pour les 300 scientifiques et 20 sociétés savantes signataire du manifeste : « Sauvons les antibiotiques »,  l'actualité médicale mettant en cause des bactéries dangereuses résistantes aux antibiotiques justifie l'urgence de réserver l'usage des antibiotiques à la médecine humaine.

Devant une salle comble, en introduction du colloque, initié par les députés, Gérard Bapt et Guy Lefrand,  le Commissaire européen à la Santé, John Dalli, a confirmé la préparation d'un plan d'actions de 5 ans proposé à l'automne pour mieux utiliser les antibiotiques et enrayer la montée de l'antibiorésistance.


Les professeurs Andremont et Schlemmer ont appelé à réserver l'usage des antibiotiques aux soins des hommes.

Le docteur Lelouet a démontré l'urgence de revoir les méthodologies d'identification des dangers sur la santé humaine des médicaments, individuellement et collectivement via l'environnement.


Les dernières grandes crises mondiales (financières, énergie, santé,...) ont montré que les signaux d'alerte, ignorés par les experts, doivent être pris en compte par les élus dans une nouvelle gestion politique des risques.


En réponse à une question du député Gérard Bapt qui a montré un exemple de primes proportionnées aux quantités d'antibiotiques vendues, John Dalli a déclaré que les études étaient en cours pour étudier comment mettre fin aux influences économiques de la prescription par les laboratoires pharmaceutiques.  


John Dalli a aussi évoqué l'étude par la DG Sanco du conflit d'intérêt des vétérinaires qui vendent en France plus de 90% des antibiotiques utilisés en médecine animale.

Pour Christian Valette, éleveur dans l'Aubrac, la baisse d'usage des antibiotiques est une conséquence du bien-être animal. Des vaches engraissées dans de bonnes conditions avec de bons aliments sont en meilleure santé et sont plus fécondes. La viande des boeufs est meilleure au gout et pour la santé avec des aliments contenant de bonne graisse issu des omega 3.


Selon Jacky Maillet, représentant les pharmaciens vétérinaires, les éleveurs devraient payer en honoraires les visites et les actes des vétérinaires. Cela permettrait de compenser les pertes de vente mécaniquement provoqué par la fin du conflit d'intérêt des vétérinaires à vendre des antibiotiques.Pascal Ferey, vice-président de la FNSEA, a estimé utile de débattre des questions économiques posées par les antibiotiques. 


Michel Baussier, président de l'ordre des vétérinaires, et Pascale Briand, Directrice générale de l'Alimentation du Ministère de l'agriculture ont exprimé la même opposition à la fin de la pro-pharmacie des vétérinaires.

Michel Baussier a rappelé la dimension internationale de la menace de bactéries nouvelles. Pour le responsable de la recherche en santé animale à l'INRA, Monsieur Pineau,  le risque pour la santé humaine n'a pas de frontière et il est urgent que la recherche privée et publique s'engage dans des programmes nouveaux de recherche de nouvelles molécules et de nouveaux vaccins.



En conclusion, Guy Lefrand a estimé que la baisse d'usages des consommations des antibiotiques nécessitait une plus grande prise de conscience des risques, des habitudes nouvelles mais aussi une régulation ou une législation  plus contraignante.